Dans un brouhaha total, je me remémorais le visage d'une jeune fille avec qui j'ai passé les vacances : cette après-midi sur la plage, le voyage retour en train, les regards échangés...
« Non, mais je suis carrément d'accord avec toi, il est essentiel de renforcer le budget au niveau de l'international ; le conseil de mardi a abordé le sujet de la Chine... »
Le garçon est passé à côté de moi. Costard Armani®. Portable Nokia®. Lunettes Ray Ban®, etc. ; bref, un garçon parfaitement authentique comme il en existe des millions : ils sont formatés pour ne pas être différents.
Il parlait fort... dans son kit main libre. Peut-être voulait-il prouver au monde qu'il financièrement utile à la société ?!...
Je comprends qu'il est « DRH » dans une multinationale. « DRH » signifie « Directeur des Ressources Humaines », et dans le cadre de son métier, plus l'entreprise est grande et plus il est détestable. Il est le porte parole entre les hauts supérieurs et les petits salariés : en gros c'est lui qui te vire. Donc le mec est un enfoiré... euh, un « DRH » (excusez-moi je me suis trompé ; c'est que les deux termes sont un peu proches quand même...).
Sa cravate flèche et indique son entre jambe. Peut-être a-t-il envie de montrer au monde qu'il a des couilles et que c'est là son point fort ?! Rien qu'en voyant ça, c'était à prévoir qu'il allait t'enculer celui-là.
Le mec parle fort, et m'ennuie beaucoup. Faut dire qu'il a l'air très con. Je descends du bus.
Un peu plus tard dans la soirée, j'attends mon train à la gare. Un groupe de jeunes filles (elles ont quatorze ans environ...) discutent entre elles. Il est peut-être utile de préciser que lorsque ce genre de personnes « discutent » entre elles, la totalité de la gare est mise au courant de la moindre virgule. Vous dire qu'elles parlent fort serait un euphémisme. Leurs haineuses clochettes à vaches ne cessent de me niquer les oreilles. Elles me rappellent une ex...
Trois garçons raffinés passent par là. Très vite je pense qu'ils appartiennent à une secte : ils sont tous les trois identiques. Ils sont habillés avec des t-shirts roses fuchsia, fluos avec l'emblème d'un aigle en strass dessus. Leurs coupes de cheveux défient les lois de la gravité et arbore en motif toujours cet aigle : je suis perplexe. Il y a deux choix sur l'origine de la secte ; premièrement, je pense à des homosexuels convertis au nazisme qui veulent faire « furheur », ou deuxièmement, à des patriotes américains, homosexuels toujours (habillés comme ça y'a pas d'autre solution...) qui manifestent leur mécontentement contre Obahma d'être né noir. Mais je me trompais. Ce n'est pas du tout ça. Ce sont des Tecktonik's®.
Enfin c'est ce que j'en ai déduit parce qu'ils se sont mis en cercle et ils ont fait des grands gestes : j'ai cru qu'ils pratiquaient l'épilepsie en groupe, mais très vite d'autres éléments de leur espèce les ont rejoint.
Les jeunes vierges ne peuvent s'empêcher de mouiller au regards des jeunes chiens fou, et l'une d'elles s'écrit « Oh la la la, la la la la, la la la. J'aimerais bien qu'ils viennent me voir, que nos lèvres se frottent, que nos langues se touches, et que nos piercing s'entrechoquent ».
(D'ailleurs en passant, c'est chaud l'air con qu'on peut avoir avec un piercing à la langue. Ce n'est que mon avis...)
Devant ce genre de réflexion (criée à travers toute la gare, je vous rappelle...) il n'y a pas d'autre solution que d'attendre. Attendre que tes nerfs ne puissent plus résister, et à ce moment là, tu te lèves, tu t'approches et tu la choppes par les cheveux. Tu la montes à ton niveaux (ça ne veux pas dire que tu la baises au rez-de-chaussée...) et là, tes yeux regardent les... euh, et là tes yeux, tentent de trouver une quelconque étincelle d'intelligence dans son regard vide, tel celui d'un b½uf blasé par les TER qui passent et qui repassent dans la campagne Normande. Et tu lui dis « Tu vas fermer ta gueule, salope, ou je te fais bouffer ton tampon ?! »
Le train est arrivé, et il m'a emmené loin de là, dans ma campagne tranquille. J'avais un grand sourire, parce que j'allais retrouver mes amis, ceux que j'aime. Mais à l'intérieur de ce sourire se cachait un soupçon de tristesse car ce soir j'ai eu la preuve formelle que les gens se parlent mais ne s'écoutent plus : ils s'ignorent totalement.
[...]P.S. : L'article est peut-être légèrement Manichéen. Je suis conscient qu'il y a des mecs bien à droite et des gros cons à gauche. Qu'il y a des vieux qui ont résistés dans le passé, et qu'il y a des jeunes qui sont près à rentrer en résistance contre cette société violente dans laquelle nous vivons tous les jours. Je sais que ces gens là existent et je les remercie d'être là... mais ils sont loin d'être la grande majorité. Donc pour tous les autres et les Tecktonik's® : NIQUEZ VOS RACES !



